L'histoire

Une paella,
trois générations.

La Bonne Paella, ce n'est pas une recette. C'est une mémoire familiale : celle d'un père valencien, d'une mère galicienne, et d'un fils né à Montreux qui a grandi le tablier autour de la taille.

Hector · Chef paellero
Mon père · Moi · Riviera · Années 80
"

Mon père cuisinait des paellas sur la Riviera dans les années 80.
Je l'accompagnais. Je crois que tout a commencé là.

— Hector Cabrera
Années 70

Deux émigrés à Montreux

Mon père quitte Sueca, dans la province de Valence — la rizière historique de l'Albufera, le berceau de la paella. Ma mère, elle, vient de Galice, à l'autre bout de l'Espagne. Tous les deux arrivent en Suisse pour chercher une vie meilleure. Ils se rencontrent à Montreux, sur la Riviera vaudoise.

Années 80

Les premières paellas, déjà sur la Riviera

Mon père est passionné : il commence à cuisiner des paellas sur la Riviera de Montreux. Pour les fêtes, les amis, les communautés espagnoles installées entre Vevey et Villeneuve. Je suis encore enfant. Je l'accompagne, je l'aide, je goûte. Sans m'en rendre compte, j'apprends.

1995

Mon père nous quitte

Il a 42 ans. Moi, j'en ai 15. Je n'ai pas fini de l'écouter, pas fini de l'aider à remuer le riz. Mais sa cuisine, ses gestes, sa façon de remuer le sofrito — tout ça reste. Pendant longtemps, je ne fais plus de paellas : ce n'est pas le moment.

2014

Premier marché de Vevey

Vingt ans plus tard, je décide de remettre la paellera au feu. Je m'installe au marché de Vevey un samedi matin. Le bouche-à-oreille fait le reste. On me commande des paellas pour des anniversaires, des fêtes de quartier, des baptêmes. Je redécouvre ce que mon père savait déjà : une paella, ça rassemble.

2019

Ça devient sérieux

Je structure l'activité en raison individuelle. J'investis dans du matériel professionnel : une grande paellera, des brûleurs, le bon riz, le bon safran. Les événements grandissent — mariages, fêtes privées, premières demandes corporate.

2021

La Bonne Paella Sàrl

Le passage en Sàrl marque le début d'une autre étape : La Poste Suisse, Holcim, le CHUV, Groupe E, des communes, des agences événementielles. Plusieurs centaines de convives parfois. Toujours la même paellera, toujours le même geste.

Aujourd'hui

Ce que je préfère, c'est encore les petites tablées

Les grands événements, c'est gratifiant. Mais ce que je préfère, ce sont les fêtes de 30 à 40 personnes. Les invités s'approchent de la paellera, ils me demandent quel riz j'utilise (J. Sendra, de l'Albufera), pourquoi le safran de La Mancha, d'où vient le mot fideuà. Je leur raconte. Ils me racontent à leur tour leurs souvenirs de paella en Espagne. C'est ça, la vraie cuisson : le moment où la paella devient un prétexte pour se parler.

Le show-cooking, en direct devant vos invités.
Trois lieux, une cuisine

De Sueca à Montreux,
en passant par la Galice.

Mon père

Sueca

Valence · Espagne

Au cœur des rizières de l'Albufera, là où la paella est née au XIXe siècle. Le riz, le sofrito, le feu — tout vient de là.

Ma mère

Galice

Nord-Ouest · Espagne

Côte sauvage atlantique, fruits de mer, traditions familiales fortes. C'est elle qui m'a appris la patience, et l'importance de la table.

Moi

Montreux

Riviera · Suisse

Né ici, entre lac et montagnes. C'est où mes parents se sont rencontrés, où mon père cuisinait dans les années 80, et où je continue aujourd'hui.

Ma préférence

Pas la grosse commande.
La belle tablée.

Les grandes

Collectivités, entreprises, mairies

La Poste Suisse, Holcim, le CHUV, Groupe E, des évènements pour 200 ou 350 personnes : c'est gratifiant, c'est exigeant, c'est ce qui fait vivre la maison.

Mes préférées

30 à 40 personnes autour de la paellera

On parle riz, safran, fideuà. On échange des recettes de famille, des souvenirs de paellas mangées en Espagne. C'est ça que je préfère.

Notre philosophie

Cuisiner en Suisse,
avec des yeux espagnols.

La paella, c'est une cuisine de bord de mer. Et on est en Suisse. Plutôt que de prétendre, on adapte — sans jamais transiger sur le goût. Voici ce que ça veut dire, concrètement.

· N°01

Pas de moules

Trouver des moules à la hauteur d'une vraie paella de bord de mer en Suisse, c'est compliqué. J'ai eu trop de mauvaises surprises. Plutôt qu'un compromis tiède, je préfère renoncer. Si vous y tenez vraiment, je peux en mettre — mais je vous le dirai franchement avant.

· N°02

Pas de lapin par défaut

La recette valencienne authentique en contient, mais en Suisse, le lapin reste un produit qui dérange. Je l'ai retiré de la carte par défaut. Sur demande expresse, je le remets sans problème — provenance Hongrie, par Prodega.

· N°03

Pas de garrofó

Le garrofó (gros haricot blanc plat valencien) est introuvable ici à un prix raisonnable. Plutôt que de le remplacer en silence, je le dis. Mes valenciennes ont des haricots verts plats (ferradura) et du poivron rouge en morceaux pour la couleur.

· N°04

Sofrito maison, toujours

Le même sofrito dans toutes mes paellas : tomate, poivron, ail, ñoras, mijoté longuement à l'huile d'olive vierge extra. C'est la base. Sans ça, ce n'est pas une paella — c'est juste du riz.

· N°05

Bouillon professionnel, jamais industriel

Pas de cube de supermarché. J'utilise un concentré professionnel Gallina Blanca Hostelería (format DOY, qualité hôtellerie) que j'importe directement d'Espagne — c'est un outil de chef, pas un raccourci. Concentré, dosé avec précision, et qui donne au riz ce goût profond qu'on attend d'une vraie paella.

· N°06

Riz J. Sendra de l'Albufera

Variété historique de la zone des rizières valenciennes. Grain rond qui absorbe le bouillon sans se déliter. Plus cher qu'un riz standard, mais c'est ce qui fait la différence entre une paella correcte et une vraie paella.

Traçabilité

D'où viennent nos ingrédients.

Notre fournisseur principal
Prodega

Pratiquement tout vient de chez Prodega — fournisseur professionnel suisse de référence. C'est ce qui nous garantit la traçabilité à chaque étape, et ce qui nous permet d'être transparents sur les origines.

Viandes
Poulet fermier
CHSuisse
Lapin (sur demande)
HUHongrie
Riz & épices
Riz J. Sendra
ESAlbufera, Valence
Safran de La Mancha
ESEspagne
Poissons & fruits de mer
Anneaux de calamar
ESEspagne
Crevettes
THThaïlande
Moules (sur demande)
ESEspagne
Légumes & huile
Légumes de saison
CHMaraîchers locaux
Huile d'olive vierge extra
ESEspagne
Ñoras (piments doux)
ESMurcia, Espagne

La transparence sur l'origine des produits, ce n'est pas du marketing : c'est juste normal. Si une question vous reste sur un produit précis, demandez — j'ai la réponse.

Et chez vous, ce serait quand ?

Demander un devis+41 76 651 47 77
Le lexique de la paella

Le métier, en quelques mots

Ce qui se transmet dans une famille valencienne. Cliquez sur une notion.

Les 140 mots de la paella, expliqués

Culture et traditions

Le paellero

Le mot désigne deux choses : le brûleur à gaz, et la personne qui cuisine. Être « le paellero » de la famille est un rôle qui se transmet et se revendique.

Ce n'est pas un titre de cuisinier professionnel : c'est celui qui, chaque dimanche, s'occupe du feu et du riz pendant que les autres discutent autour.

Le chef Hector

Culture et traditions

Le dimanche valencien

À Valence, la paella n'est pas un plat de restaurant : c'est le repas du dimanche en famille, cuisiné dehors, dans le champ ou sur la terrasse. Elle se mange traditionnellement à midi, jamais le soir.

Une particularité amusante : dans une culture où la cuisine quotidienne est largement féminine, la paella du dimanche est souvent l'affaire des hommes. C'est le plat du feu, du dehors, et de la démonstration.

Le show-cooking n'a rien inventé — il a juste déplacé cette scène.

Culture et traditions

L'Albufera

L'Albufera est une lagune d'eau douce séparée de la Méditerranée par un cordon de dunes, entourée de rizières. C'est là que la paella est née, dans les cabanes des paysans et des pêcheurs.

Le riz y est cultivé depuis l'époque musulmane, qui a apporté à la fois la plante et les techniques d'irrigation. Le paysage — l'eau, les rizières, les barques à fond plat — n'a pas fondamentalement changé.

C'est de là que vient le J. Sendra que nous utilisons.

Le riz de l'Albufera

La cuisson

Socarrat

Le socarrat est la couche de riz qui a caramélisé au contact du fond dans les dernières minutes. Elle est dorée, légèrement croustillante, et concentre tout le goût du plat. À Valence, on la gratte à la cuillère et c'est le meilleur morceau.

Elle s'obtient à la toute fin : quand le bouillon a disparu, on remonte le feu vingt à trente secondes. Le son suffit à savoir — un léger crépitement sec. Une seconde de trop et ce n'est plus du socarrat, c'est du brûlé.

Pourquoi une plaque ne le fait pas : il faut une flamme large qui chauffe tout le fond d'un coup. C'est aussi pour ça qu'on cuisine sur place et pas en cuisine.

Le socarrat, secret du fond

La cuisson

Ne pas remuer

Une fois le riz réparti dans la paellera, on n'y touche plus. Remuer libère l'amidon du grain, qui lie le bouillon et donne une texture crémeuse — exactement ce qu'on cherche dans un risotto, exactement ce qu'on fuit dans une paella.

Et remuer empêche le socarrat de se former, puisque le riz du fond ne reste jamais au fond.

Ce que vous verrez : le chef répartit le riz une fois, égalise, et ensuite ne fait plus que régler le feu et regarder. Beaucoup d'invités trouvent ça frustrant. C'est justement le métier.

La cuisson

Le bruit de la paella

Au début, le bouillon bout franchement : bruit de liquide. Puis le son se resserre à mesure que le niveau baisse. À la fin, quand il ne reste plus de liquide libre, on entend un crépitement sec — c'est le socarrat qui commence.

Trente secondes de plus et le crépitement devient une odeur. C'est là qu'on coupe.

Un cuisinier qui se penche sur sa paellera à la fin ne fait pas de la figuration : il écoute.

Culture et traditions

Rice-shaming

Ajouter du chorizo, des petits pois, de la crème ou du poulet et des fruits de mer dans une valenciana déclenche à Valence une réaction qui va de l'ironie à la véritable colère. Des comptes entiers sur les réseaux sociaux y sont consacrés.

Ce qu'il y a derrière : la paella est un marqueur identitaire régional, pas juste une recette. La défendre revient à défendre une culture qui a longtemps été minorisée.

Notre position est simple : on nomme les choses correctement. Une mixta est une mixta, elle est excellente, et elle ne prétend pas être une valenciana.